Dépendance énergétique

L'humanité carbure plus que jamais à l'énergie. Le chaos provoqué par la grande panne générale de l'été 2003 en Amérique du Nord est une illustration de notre dépendance face à l’énergie. Nos sociétés modernes ne tiennent-elles qu’à un fil?

Un territoire énergétique, peu importe où il se trouve dans le monde, est organisé autour de l’exploitation et de la commercialisation d’une ressource naturelle. Il importe de favoriser le développement à long terme de cette ressource par une gestion responsable qui tient compte du respect de l’environnement.

Le programme de formation de l'école québécoise, Enseignement secondaire, premier cycle, page 323.

Une bonne amorce au territoire énergétique: l'activité Que suis-je? qui permet de découvrir les territoires et les paysages associés à la production d'énergie pas le moyen des images satellites.
Le programme de formation de l'école québécoise, Enseignement secondaire, premier cycle, page 323.

Angle d'entrée : Toronto, la nuit...

Toronto, la nuit...

Un texte de Sylvain Decelles

Les vacances sont souvent le lieu d'expériences plus ou moins curieuses, plus ou moins étranges.

Prenons le cas de la ville de Toronto qui est la métropole du Canada. Cette ville possède bien des trésors cachés, souvent méconnus, mais qui méritent d'être connus. C'est une grande ville qui représente bien des symboles canadiens sur la scène mondiale comme la tour du CN. C'est aussi une ville intéressante à visiter pour ses nombreuses attractions et ses activités variées. Toronto est une ville touristique idéale pour la famille.

Il y a beaucoup de circulation dans la ville, mais Toronto est une belle ville conviviale pour les vacances, généralement…

Sauf le 14 août 2003…

La Tour du CN est toujours visible avec ses feux de
position rouges, alimentés par des génératrices.

Toronto dans le noir!
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

OK, le 14 août… En plein milieu de l'été, sur un calendrier qu'on ne regarde pas vraiment lorsque nous sommes en vacances. Et c'est le jour de mon anniversaire. La plupart de mes amis étaient à l'extérieur de la ville. J'ai donc décidé de me payer une excursion vers Toronto en compagnie de ma fille. Le point culminant est un concert de musique au Molson Amphitheater, salle de concert située sur le bord du lac Ontario, dans le centre d'amusement connu sous le nom de Ontario Place. Le concert en vue était prévu pour 20 heures.

Ce jour-là, avant l'heure du concert, nous avions décidé de visiter le Musée des Sciences de l'Ontario. Des nombreuses activités nous attendaient. La visite y est toujours instructive. C'est vraiment un musée intéressant, plein de trouvailles. Nous étions arrivés tôt dans la matinée afin de profiter de la journée.

Vers 16 heures, alors que nous étions toujours dans le musée, tous les appareils électroniques, tous les ordinateurs, toutes les démonstrations se sont arrêtés. Silence complet. Les lampes d'urgence se sont allumées afin de guider les visiteurs à travers les couloirs très sombres. Le musée étant grand, les gens étaient perdus dans les couloirs. Les escaliers mécaniques ne fonctionnaient pas, les gens montaient difficilement les nombreuses marches menant à la sortie. La foule, un peu perdue, marchait lentement.

Sans nouvelles, les gens tentent d'en savoir un peu
plus par les télévisions alimentées par un générateur.


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

À l'extérieur, on entendait les klaxons, l'accélération des voitures. Du musée au centre de la ville : vingt minutes de voiture. Normalement. Mais la situation n'était pas normale. Les feux de circulation ne fonctionnaient pas, les gens étaient pressés et impatients. Mais, nous nous sommes rendus vers la salle de spectacle.

Arrivés près de la salle de spectacle, il fallait attendre pour voir si le spectacle avait lieu. La radio de Radio-Canada fonctionnait mal dans la voiture. On annonçait que la panne semblait toucher tout l'Ontario. On voyait au loin des milliers d'autos plus ou moins arrêtées, prises dans des embouteillages monstres. La moitié des stations radiophoniques ne fonctionnait pas. Le téléphone cellulaire non plus. Impossible d'avoir une ligne… Le réseau fonctionnait-il?

Au fur et à mesure que le temps passait, le portrait de la situation se précisait. La panne était, bien sûr, générale, mais elle n'était pas limitée à l'Ontario. On apprenait aussi que tout le nord-est de l'Amérique du Nord était plongé dans la paralysie la plus totale. Bien sûr, inévitablement, le concert était annulé. Mais voilà, que faire? Il fallait retourner à la chambre d'hôtel.

La circulation était dense, folle pour toutes ces voitures qui quittaient le centre-ville en même temps. À la radio, on tentait de comprendre la cause de la panne. Bien sûr, l'idée d'un acte terroriste est venue en tête de tous les commentateurs. Comment une portion du territoire nord-américain de près de 50 millions d'individus pouvait être plongée dans le chaos sans qu'aucun système de sécurité électrique ne puisse empêcher un tel effet dévastateur sur la vie quotidienne des gens, sur l'économie des villes touchées?

Mais, c'était bien un accident : un problème électrique, quelque part dans l'État de l'Ohio, a entraîné un effet domino sur les circuits de distribution électrique de plusieurs États américains et en Ontario. La vie de 50 millions de personnes ne tenait littéralement qu'à un fil… électrique.

Les tramways, inutiles, sans source d'énergie, abandonnés par les passagers, bloquaient
certaines rues.


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

OK, que faire? Je ne connaissais personne à Toronto. Revenir à l'hôtel? Bien sûr! Quel choix avais-je? Oui, mais pourquoi ne pas quitter la ville et revenir au Québec? Ça ne serait pas plus simple? Oui, mais 700 km séparent Toronto de Montréal. Et la jauge d'essence indiquait un quart de réservoir… Impossible de s'y rendre. Prendre la route était impossible. Toutes les stations d'essence de l'Ontario étaient inopérantes. Pas d'électricité…

L'hôtel était situé à l'est du centre-ville. On pouvait voir de la rue les gratte-ciel du cœur de Toronto dans le ciel du soir. Ce dernier était pur, bleu avec des touches orange à l'horizon. La circulation sur la rue était toujours pénible. Les tramways de Toronto sans source d'énergie bloquaient certaines rues. Les piétons étaient sur les trottoirs, car ils n'avaient plus de moyens de transport.

Constatation à l'hôtel : très grande chaleur, car plus d'air climatisé. Mais, en plus, que peut-on manger? Rien n'est ouvert. Tous les commerces, tous les restaurants étaient fermés à cause de la panne.

La nuit s'avançait lentement. La chambre serait bientôt plongée dans le noir. Il devenait impossible de circuler sur la rue sans une lampe de poche ou une source lumineuse. La Tour du CN était toujours visible avec ses feux de position rouges, alimentés par des génératrices.

Il devient impossible de circuler sur la rue sans
une lampe de poche ou une source lumineuse…


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

L'estomac vide, on est retournés à l'automobile pour écouter la radio. Les dernières nouvelles annonçaient que la situation ne s'était guère améliorée dans le reste du continent nord-américain. On ne connaissait pas encore la cause exacte de la panne. J'ai jeté un coup d'œil par la fenêtre de la portière. Le ciel était dégagé. C'était vraiment impressionnant ! Les étoiles étaient claires, lumineuses. Et voilà que je vis quelque chose que je ne croyais jamais voir en plein centre de Toronto : la bande pâle, diffuse et blanche de la Voie lactée. Notre galaxie, visible en plein centre de Toronto !

Le lendemain, 15 août, l'électricité est revenue dans certaines parties de la ville. Le gouvernement ontarien a décrète un jour de congé. J'ai pris la voiture, circulé un peu. On voyait bien que les choses n'étaient pas revenues à la normale. La plupart des feux de circulation étaient inopérants. Mais ce qui frappait, c'était les stations-service. Celles alimentées par le réseau électrique ou qui possédaient une génératrice étaient assaillies par des centaines d'automobilistes. Une vraie scène de fin du monde… Des heures d'attente.

File d'attente à une station d'essence

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

Tout était fermé. Sauf certains restaurants. Il y avait un commerce " fort populaire " de beignes " très populaires " gorgé de gens impatients prêts à attendre 45 minutes pour acheter… des beignes.

OK, il fallait revenir à Montréal. Atteindre la 401, l'autoroute la plus fréquentée du Canada. Revenir au Québec. La circulation était difficile. Pourquoi étions-nous arrêtés tout le temps ? Sur la 401, il y avait des voitures… en panne sèche et certaines personnes les avaient abandonnées sur le bord de la route. Des centaines de voitures sous les ponts, sur les accotements, vidées de leur essence…

On roulait, on quittait Toronto. Les stations-service le long de cette autoroute étaient pleines de clients. Mais avions-nous le choix? Non. Il fallait s'arrêter, mettre de l'essence, mettre ce carburant si précieux. La file était longue. Mais les gens étaient gentils. Chacun attendait son tour devant une pompe. On se rendait compte de la fragilité de notre vie : l'énergie électrique et le pétrole sont tellement importants.

Ouf ! Notre auto était pleine d'essence. Et on est repartis vers Montréal

Texte de Sylvain Decelles
Photographies : Philippe Gratton et Sylvain Decelles

L'énergie : une dépendance conflictuelle et fonctionnelle

L'énergie, une dépendance conflictuelle

L'humanité carbure plus que jamais à l'énergie. Or, les plus grands consommateurs ne sont généralement pas les grands producteurs et leurs territoires respectifs sont souvent très éloignés géographiquement les uns des autres. Pendant que de plus en plus de territoires sont aménagés pour l'exploitation énergétique, alimentant la rogne des écologistes, le flux de transport de toute cette énergie sur de longues distances devient lui-même un enjeu géopolitique.

Cette situation entraîne des états de grandes dépendances de certains territoires vis-à-vis d'autres. Par exemple, les États-Unis, qui brûlent annuellement 25% de la production mondiale de pétrole, doivent importer 45% de leur consommation.

Cette dépendance devient si grande qu'elle occasionne des tensions politiques de plus en plus fortes. Ainsi, à l'échelle internationale, le pétrole est un enjeu majeur à l'origine de plus en plus de conflits.

Au Québec, à l'échelle régionale, l'énergie électrique oppose les régions productrices éloignées aux grands centres consommateurs: pour climatiser, chauffer et d'éclairer les grandes villes du sud de la province et du nord des États-Unis, on inonde les territoires amérindiens de la baie James et on arnache les rivières à saumons de la Côte-Nord. Pourrait-il en être autrement?

L'énergie, une dépendance fonctionnelle

Individuellement et collectivement, pouvons-nous aujourd'hui fonctionner sans électricité ou sans pétrole? Le chaos observé suite à la grande panne générale de l'été 2003 ou la commotion engendrée par la hausse du prix de l'essence montrent bien cette dépendance. Aussi, la recherche d'autonomie doit être envisagée à deux niveaux :


Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

Vers une consommation plus responsable

La dépendance énergétique confronte l'humain à un autre problème, soit l'épuisement éventuel des sources d'énergie. Les combustibles fossiles ne sont pas renouvelables, et même l'eau des grands barrages, que l'on tenait pour acquise, commence à manquer. Selon la perspective du développement durable, des modes de gestion responsable des ressources énergétiques - comme la voiture hybride ou l'énergie éolienne - pourraient être considérés par les sociétés consommatrices. Les producteurs d'énergie ont-ils plus à perdre ou à gagner en adoptant une gestion durable de l'énergie ?


Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

 

Centrale thermique de Tracy

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot / Le monde en images

L'écosystème planétaire en péril dans un monde toujours en développement
L'environnement se trouve considérablement bouleversé par les activités de production et de consommation d'énergie. Depuis le premier Sommet de la Terre, en 1992 à Rio, jusqu'à la signature du récent Protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre, les nations du monde s'entendent pour tenter de freiner le réchauffement de la planète.

Toutefois, les engagements qui sont pris demeurent minimaux, et toutes les nations n'y sont pas assujetties - les États-Unis ont même refusé de signer l'entente ! Le monde occidental, qui réclame la préservation de l'environnement, peut-il imposer aux pays en voie de développement les mêmes mesures, contraignantes et coûteuses, auxquelles il se soumet ? Par exemple, au nom de l'environnement, est-il légitime de limiter le nombre de voitures que les 1,3 milliards de Chinois pourront bientôt se procurer ?


Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

Les concepts

Les concepts liés au territoire région et à l'énergie

Ces définitions s'adressent d'abord aux enseignants

 

Le territoire région
L'énergie

Aménagement

Le concept d'aménagement possède des définitions multiformes tout en « correspondant le plus souvent à la volonté de corriger les déséquilibres d'un espace national ou régional », selon le Dictionnaire de géographie.

Il est évident que le rapport d'espace dominant à espace dominé peut avoir des incidences sur les avenues choisies lors de l'aménagement d'un territoire. Les choix politiques ont donc une importance cruciale. Cependant, il faut s'avouer que tout aménagement est un choix politique qui découle d'un rapport. Décoder comment ce rapport s'exerce dans la réalité est la pierre angulaire, comme dans les exemples suivants : les régions envers les métropoles, les régions envers les autres régions, etc. Les choix concernant les infrastructures régionales ou nationales à construire, à planifier, découlent également de ce rapport.

Commercialisation

Définition de commercialisation, selon l'Office québécois de la langue française : « Opération de mise sur le marché d'un bien ou d'un service ». Le mot commercialisation est dérivé de commerce, qui signifie « opération qui a pour objet la vente d'une marchandise, d'une valeur, ou l'achat de celle-ci pour la revendre après l'avoir transformée ou non ». (Le Petit Robert)

La pêche aux homards, Pasbébiac, Gaspésie

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Diane Coll, Le monde en images.

Au sein d'un contexte régional, dans un rapport d'échange entre les périphéries et les grands centres, comment s'exercent les échanges commerciaux? Si une région est considérée comme une région-ressource, est-ce que les échanges sont équitables, surtout si les décisions sont prises dans les grands centres? L'iniquité des échanges entraîne-t-elle une braderie du prix des ressources? Les ressources sont-elles transformées dans les régions ou sont-elles puisées et exportées vers les grands centres? Les régions profitent-elles de cette façon de la valeur des ressources qu'elles possèdent dans les échanges commerciaux? Dans cette perspective, comment le tourisme ou l'exploitation forestière, des assises souvent importantes de l'économie régionale, permettent à une région de tirer sa juste part dans les échanges commerciaux?

Mondialisation (et globalisation)

Définition de mondialisation, selon l'Office québécois de la langue française : « Processus d'intégration des marchés résultant de la libéralisation des échanges, de l'expansion de la concurrence à l'échelle planétaire et des retombées des technologies de l'information et de la communication ». Certains auteurs utilisent le terme de globalisation. L'expression globalisation contient l'idée selon laquelle le marché mondial s'unifie et qu'il doit être considéré comme un tout.

Cependant, le Dictionnaire de géographie utilise le terme globalisation dans une définition qui la distingue de mondialisation : « La globalisation (…) constitue l'étape ultime de la mondialisation industrielle avec un marché planétaire, une stratégie mondiale et des réseaux d'information et de communication qui ignorent les frontières » (p. 203-204).

Dans un contexte de mondialisation et de globalisation, quelle est la place des régions? Des satellites économiques, des grands centres, des régions-ressources destinées à alimenter des hypermarchés économiques où les décisions relevant du devenir économique régional y sont prises?

Multinationale

Une multinationale est, selon l'Office québécois de la langue française, une : « Société industrielle ou commerciale qui possède des implantations dans plusieurs pays. Ces sociétés (…) semblent être un moyen de passer outre, sur bien des points, à l'autorité des États. Ainsi, elles peuvent faire franchir les frontières aux biens et capitaux par des transactions internes qui ne servent pas toujours les besoins économiques du pays ou des pays en cause, mais plutôt les intérêts fiscaux et financiers de la compagnie ».

En concevant la rentabilité sur le plan mondial, plutôt que national ou régional, et en centralisant le processus de décision à leur siège international, ces compagnies tendent à enlever toute valeur aux relations industrielles établies aux niveaux nationaux. Elles ont aussi contribué à la dispersion des lieux de production, profitant de la présence de matières premières dans les régions où les ressources sont utilisées souvent au profit des multinationales, d'une main-d'œuvre nombreuse et bon marché, ou d'avantages fiscaux (Dictionnaire de la géographie, p.100)

Il est important, dans cette perspective, de mettre en lumière le rôle des régions où les ressources sont utilisées au profit des multinationales. Reçoivent-elles leur juste part des choses? Ne sont-elles devenues que des lieux où les ressources sont puisées, sans qu'elles ne puissent en tirer un bénéfice?

Ressource

Le mot ressource est souvent accompagné du mot naturelle. Produites en quantité par un faible nombre de pays, elles engendrent des politiques énergétiques très différentes d'un État à l'autre ; elles constituent un enjeu économique fondamental et peuvent être source de rivalités entre États. L'exploitation croissante des ressources naturelles pose le problème de leur épuisement éventuel.

On peut diviser les ressources naturelles en trois catégories :


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Hydro-Québec

Dépendance énergétique

Les sources d'énergie et les ressources naturelles ne sont pas réparties à travers le globe de façon uniforme. Les lieux de consommation ne sont pas toujours près des sources d'énergie. Cette dichotomie entre lieux de consommation et sources d'énergie entraîne des disparités. Certains pays connaissent une certaine dépendance énergétique, soit une consommation énergétique plus élevée par rapport à ce que le territoire national peut produire. Il faut donc trouver des sources d'énergie qui permettent d'assurer une stabilité de la consommation d'énergie tant d'un point de vue industriel que domestique. Ces sources supplémentaires sont souvent à l'extérieur des frontières du pays. Les échanges commerciaux s'engagent : mais est-ce que ces échanges sont équitables? La dépendance énergétique de certains pays peut-elle engendrer des disparités? Comment vont s'inscrire les enjeux qui ont rapport avec l'approvisionnement énergétique? Quel pays exerce le rapport de force le plus efficace : le pays consommateur de l'énergie ou le pays producteur de la source d'énergie?

De plus, certains pays ou régions du monde sont dépendants d'une source d'énergie, mais possèdent en abondance une autre source : le Québec a une dépendance énergétique avec le pétrole, mais possède une abondante source d'énergie hydro-électrique. Comment les rapports commerciaux du Québec dans le domaine de l'énergie s'exercent-ils ainsi?

Autonomie

D'un point de vue philosophique, l'autonomie signifie exercer un contrôle sans référer à une autorité supérieure. Dans le domaine énergétique, il s'agit de combler les besoins d'une région, d'un pays en utilisant les ressources disponibles sur le territoire.

L'autonomie n'est pas synonyme d'autarcie. Une région peut exercer son autonomie en ayant recours à des échanges commerciaux qui permettent de combler certains besoins. D'un point de vue régional, certaines régions alimentent les centres en énergie par l'abondance des ressources disponibles. Elles sont donc autonomes d'un point de vue énergétique. Mais le sont-elles d'un point de vue économique dans les rapports commerciaux exercés entre le centre et ses régions-ressources (par exemple, la Côte-Nord et les les centres urbains du Québec méridional)?

Effet de serre

L'effet de serre est un phénomène naturel tout à fait nécessaire afin d'assurer la vie sur Terre. « L'atmosphère retient (…) la chaleur solaire de la même façon que les parois en matière plastique ou en verre des serres laissent passer la radiation visible, mais retiennent la chaleur. (…) L'effet de serre permet d'équilibrer la température moyenne du globe à un niveau suffisant pour que la majeure partie de l'eau demeure sous forme liquide. Comme la plupart des formes de vie ont absolument besoin d'eau sous forme liquide pendant au moins une partie de leur cycle vital, l'effet de serre est nécessaire au maintien de la vie sur la Terre » (Claude Villeneuve et François Richard, Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué, Éditions MultiMondes, 2001, p. 13).

Bien sûr, l'effet de serre explique également pourquoi certaines planètes du système solaire connaissent des températures élevées. Ainsi, la planète Vénus, à cause de la présence abondante de gaz carbonique, connaît des températures avoisinant les 470°C.


Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurCrédit CEA

Réchauffement

L'expression « effet de serre » est souvent confondue avec « réchauffement ». Mais, il ne faut pas confondre ces deux termes. « L'effet de serre est un phénomène physique propre à la matière. L'homme ne peut modifier le principe de l'effet de serre, mais il contribue, en modifiant la composition de l'atmosphère, à augmenter la quantité d'énergie retenue par elle. C'est pourquoi nous devrions parler de réchauffement global de l'atmosphère terrestre, plutôt que d'effet de serre, pour désigner le phénomène de déséquilibre climatique » (Claude Villeneuve et François Richard, Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué, Éditions MultiMondes 2001, p. 13-14).


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : UNEP/GRID-Arendal, http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/

Les causes et les responsables des changements climatiques
« Les principales sources identifiables de gaz à effet de serre sont la combustion des carburants fossiles, la déforestation, l’industrie du béton, la sidérurgie, le gaspillage énergétique, les transports et l’élevage de cheptels bovins ». Pour en savoir plus sur les types d'émissions (Wikipedia).


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Hydro-Québec


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Artic Climate Impact Assessment (ACIA), http://amap.no/acia

Les changements climatiques sont donc le résultat du réchauffement global de l'atmosphère terrestre, réchauffement dû à l'utilisation accrue de l'énergie fossile libérant des quantités de gaz à effet de serre s'accumulant dans l'atmosphère ce qui accentue le déséquilibre climatique. La température à la surface de la terre, par exemple, a augmenté d’environ 0,6°C depuis 1860.


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : UNEP/GRID-Arendal, http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/

« Les changements climatiques entraîneront sans doute plus de sécheresses et d’inondations, de fréquence et de durée accrues ». Pour en savoir plus, vous pouvez visitez ce site, entre autre.  


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : UNEP/GRID-Arendal, http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/

Source d'énergie

Les sources d'énergie n'ont pas nécessairement la même valeur d'un point de vue environnemental. Certaines sont considérées comme « propres », telle l'électricité, d'autres « polluantes », comme le pétrole. Il est important de retenir que les sources d'énergie sont réparties inégalement à travers la planète, ce qui donne lieu à des enjeux territoriaux importants, accentuant, dans certains cas, la dépendance énergétique d'un État par rapport à un autre. Le début du XXIe siècle a changé les données concernant la consommation énergétique en mettant en perspective une consommation énergétique de plus en plus grande à travers le monde (par exemple, la consommation accrue du pétrole avec l'émergence de la Chine et de l'Inde comme puissances économiques mondiales et l'augmentation du nombre et de la dimension des parcs automobiles dans les pays développés).

Compétence 1 : lire l'organisation d'un territoire. L'exemple de la Côte-Nord

Portait de situation : la Côte-Nord, une histoire naturelle

À l'est du Québec, sur la rive nord du Saint-Laurent, la Côte-Nord a d'abord été habitée par les pêcheurs et les bûcherons, qui vivaient des ressources naturelles abondantes. La découverte d'importants gisements miniers, au nord des rives du fleuve, a permis le développement d'une nouvelle économie, celle du fer et du titane. Sous le gouvernement de Maurice Duplessis, le minerai brut était exporté massivement par chemin de fer puis par bateau vers les centres industriels des Grands Lacs et de la côte est étasunienne. Toutefois, pour la région, les bénéfices demeuraient maigres. Qui décide de la valeur d'une ressource naturelle?

Hydro-Québec

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot, Le monde en images.

Des rivières d'électricité
C'est avec le développement de l'hydroélectricité que la Côte-Nord a pu voir son économie se consolider autour d'un atout majeur : son territoire est drainé par des dizaines de rivières fougueuses, qui coulent dans un arrière-pays pratiquement inhabité. Au début des années 1950, deux premières centrales sont aménagées sur la rivière Betsiamistes. Ce sont toutefois les spectaculaires barrages du complexe Manic-Outardes qui viendront définir la Côte-Nord comme étant le pays des titans, durant les années de la Révolution tranquille.

 

Transformer l'eau des rivières en rouleaux d'aluminium

La proximité de sources d'énergie, qui en assure le bas prix, a rapidement attiré vers la Côte-Nord une industrie de transformation particulièrement énergivore : celle de l'aluminium. Les alumineries multinationales comme Alouette, Alcoa et Reynold's offrent aujourd'hui aux populations de Baie-Comeau et de Sept-îles des emplois qui ont pris la relève des sources de revenus traditionnelles de la région. Cependant, l'exploitation des ressources minières et forestières conserve une part importante de l'économie nord-côtière qui demeure ainsi précaire, parce que toujours dépendante des marchés internationaux. Considère-t-on l'électricité comme une ressource naturelle?

Actuellement, outre les alumineries, ce sont les gouvernements qui emploient le plus de personnes sur la Côte-Nord. Le taux de chômage y demeure élevé, oscillant autour de 15%. Désabusés, les jeunes quittent massivement la région et le déficit migratoire est préoccupant.

Pylônes d'Hydro-Québec

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Labine , Le monde en images.

Longtemps après la fin de la construction des barrages et la fermeture des grands chantiers générateurs d'emplois, les revenus de vente de l'électricité de la Côte-Nord n'alimentent plus directement son économie… Pendant que tout le Québec bénéficie de bas tarifs, la Côte-Nord reçoit-elle sa juste part en tant que région productrice? Les projets de construction de nouveaux barrages sur de nouvelles rivières pourraient peut-être renverser la situation, mais quel en serait le coût environnemental? Pour une région productrice, quelle est la réelle valeur de l'énergie?

Source : Encyclopédie de l'Agora

En savoir plus sur la Côte-Nord

La Côte-Nord en images

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Manic 2
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Le monde en images
Manic 5
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Le monde en images
Centrale Toulnustouc
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Le monde en images
Centrale Toulnustouc (vue d'ensemble)
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Le monde en images
Aluminerie
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Le monde en images

Compétence 1 : lire l'organisation d'un territoire. L'exemple du golfe Persique

Georges Bush :
« Le mode de vie des Américains n'est pas négociable »
Source : Politis

Portait de situation : le golfe Persique, le puit du monde

Sous les déserts et les vallées irriguées de l'Oman, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, du Qatar, de l'île de Bahreïn, du Koweït, de l'Irak et de l'Iran, dorment les deux tiers des réserves mondiales connues d'or noir. La région a vu les premières civilisations humaines devenir sédentaires, développer l'agriculture et imaginer l'écriture. Aujourd'hui, le Moyen-Orient alimente la machine économique mondiale, lui fournissant 30% de ses besoins en pétrole.

La stratégie du transport

C'est par le golfe Persique, dont les hauts-fonds sont aussi gorgés de pétrole, que transitent une grande partie des titanesques pétroliers chargés de distribuer le précieux liquide partout dans le monde - les États-Unis, l'Europe et le Japon sont les principaux acheteurs. Beaucoup de pétrole voyage aussi par voie terrestre, à travers un réseau d'oléoducs qui achemine le brut vers les ports méditerranéens. La Turquie, la Mer Rouge et l'Égypte prennent ainsi une importance stratégique majeure dans le commerce du pétrole, sans égaler toutefois celle de l'Arabie saoudite, dont l'imposant réseau d'oléoducs lui assure une mainmise incontestable sur l'économie pétrolière.

Une géopolitique complexe

Le marché du pétrole, qui génère des profits titanesques, confère aux pays du golfe des PIB élevés qui contrastent avec la situation de sous-développement dans laquelle continuent de vivre leurs populations, toutes de confession majoritairement musulmane. Plusieurs de ces États sont par ailleurs gouvernés par des régimes absolutistes, monarchiques ou totalitaires, consolidés par leur fortune et les alliances que certains entretiennent avec les riches pays acheteurs, les États-Unis en tête. Les intégrismes religieux y jouent également un rôle fondamental, attisant tensions et conflits, dans un contexte où les enjeux économiques sont déjà explosifs. La région du golfe a ainsi été secouée par deux guerres importantes (en 1980 puis en 1990), dont la plus récente avait clairement le pétrole pour enjeu.

La stratégie économique

En 1960, plusieurs États de la région du golfe Persique se sont associés avec la Libye, le Venezuela, l'Indonésie, le Nigeria et l'Algérie pour former l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), afin d'assurer un contrôle sur les prix mondiaux.

Raffinerie

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Denis Chabot , Le monde en images

Les politiques de l'OPEP ont entraîné de fortes hausses en 1973 puis en 1979, déclenchant des crises pétrolières dont les pays consommateurs ont beaucoup souffert. Les deux guerres du Golfe, ainsi que l'accroissement du pouvoir économique des compagnies pétrolières multinationales, ont sensiblement réduit l'influence réelle qu'exerce aujourd'hui l'organisme. Car, si le monde est dépendant du pétrole du Moyen-Orient, toute l'économie de ces pays producteurs n'est-elle pas, elle aussi, dépendante du reste du monde?

 

 

Sources :

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Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social
Carte réalisée à l'aide du traitement de texte Word

En savoir plus sur le golfe Persique

Le golfe Persique en images

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Pétrolier
Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Saudi Aramco
Raffinerie
Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : Saudi Aramco
Raffinerie de Jeddah en Arabie saoudite
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA
Raffinerie de Jeddah en Arabie saoudite
Matériel graphique ne pouvant être reproduits sans en demander les droits à l'auteurSource : CONAPRO
Émirats arabes unis
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA
Palm Island : site touristique de luxe dans les Émirats arabes unis
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA
Fumée provenant d'un puit de pétrole en Irak
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA
Kingdom Tower à Riyad en Arabie saoudite
Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Acuity Brands Lighting

Compétences 2 et 3 : la dépendance énergétique

«  À distance égale, un véhicule utilise 40 % de carburant de plus aux États-Unis qu'au Royaume-Uni ».
Source : Politis

Répondre aux besoins énergétiques des populations dans le respect de l'environnement planétaire

 

Tramway abandonné, Toronto

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

Le choc de la panne

Le 14 août 2003, le Nord-Est des États-Unis et une partie de l'Ontario se sont retrouvés dans le noir. Les métropoles ont été littéralement paralysées et leurs populations immobilisées, prises en otage par leur dépendance énergétique, dont elles mesuraient probablement pour la première fois l'ampleur. La prise électrique et la pompe à essence sont considérées comme acquises, au même titre que le litre de lait du dépanneur. La grande panne d'août 2003 a confronté l'Amérique du Nord avec sa précarité fonctionnelle : sans pétrole et sans électricité, il devient difficile de se nourrir, de se déplacer, de se loger adéquatement. Notre consommation effrénée d'énergie a-t-elle dépassé le stade de simple besoin ?

Les différents visages des besoins énergétiques

La consommation énergétique de chaque individu prend plusieurs formes qui débordent souvent de son quotidien immédiat. En effet, en plus de l'électricité que nous utilisons chaque jour pour faire fonctionner les multiples appareils qui assurent notre confort, des quantités d'énergie électrique ont aussi été employées à la fabrication de ces mêmes objets usuels, de la simple canette de boisson gazeuse jusqu'à l'ordinateur.

Il en va de même pour le pétrole. Au-delà de l'usage personnel de l'automobile, l'industrie du transport brûle chaque jour des milliers de tonnes de carburant afin d'approvisionner les marchés en divers biens de consommation. Les aliments qui se trouvent dans l'assiette d'un Nord-américain ont le plus souvent parcouru des milliers de kilomètres depuis leur lieu de production ! Le petit prix des bananes que l'on trouve dans toutes les épiceries reflète-t-il le coût réel de leur production et de leur déplacement ? La popularité des eaux minérales européennes demeure paradoxale dans un Québec où l'eau de source abonde : une bouteille d'eau Evian ou Perrier, c'est aussi des litres de carburant brûlés par les transatlantiques.

Les produits dérivés du pétrole (inspiré de La Presse, 25 septembre 2004, p. A33)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : http://www.picto.qc.ca/

Le pétrole est également présent autour de nous sous forme solide. Sommes-nous conscients de la quantité d'objets courants qui sont fabriqués à partir des dérivés du pétrole, et sans lesquels nous serions bien démunis ? Des objets qui, eux aussi, auront nécessité de grandes quantités d'énergie dans toutes les étapes de leur fabrication.

Des besoins inégaux

Un coup d'œil à la photographie du monde prise de nuit suffit pour constater que l'humanité est bien inégalement éclairée. Des métropoles gigantesques d'Inde, de Chine ou d'Afrique apparaissent comme de petits points par rapport aux grandes villes de l'Occident. La modeste ville de Montréal brille elle-même beaucoup plus que Paris, dont la population est pourtant trois fois plus importante. Le faible prix de l'électricité au Québec fait-il de nous des consommateurs irresponsables ?

Le monde la nuit...

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Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA

Les rapports qu'entretiennent les sociétés avec l'essence sont eux aussi fort différents d'un pays à l'autre. Ainsi, aux États-Unis, un véhicule consomme en moyenne quatre fois plus de carburant qu'un véhicule britannique. Est-il normal qu'en Amérique du Nord, un litre d'essence soit moins cher qu'un litre d'eau ?

« British Petroleum", mieux connue sous le nom de BP, a modifié son slogan pour "Beyond Petroleum (Au-delà du pétrole) ».
Source : L'Actualité

Assurer un développement énergétique durable dans le respect de l'environnement planétaire

Concilier les impératifs économiques et environnementaux
En matière de développement énergétique, la rentabilité économique demeure le principal frein aux projets plus respectueux de l'environnement. Le marché pétrolier, solidement établi et extrêmement pollueur, enrichit ses principaux acteurs tout en maintenant les prix relativement bas bien que nous assistions à une hausse des prix du pétrole.

Pourquoi s'en priver si ce n'est pas cher ? Tant que l'essence et l'électricité restent abordables, comment convaincre les individus de changer leurs habitudes ?

Éolienne de Saint-Ulric

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Martin Caron / Le monde en images.

Des sources d'énergie plus propres et renouvelables
Courante en Europe de l'Ouest, encore rare dans les Amériques, l'énergie éolienne représente aujourd'hui l'une des technologies les plus efficaces pour répondre aux besoins énergétiques des populations sans nuire à l'environnement ni à l'économie. L'énergie solaire et l'utilisation de l'hydrogène sont également des technologies de plus en plus perfectionnées, qui offrent des alternatives avantageuses et économiques aux sources d'énergie traditionnelles.

En fait, les technologies permettant d'exploiter des ressources naturelles propres, abondantes et renouvelables afin de produire de l'énergie sont aujourd'hui plus que jamais disponibles, accessibles et surtout efficaces. De nombreux groupes écologistes, notamment Greenpeace, réclament depuis longtemps leur utilisation et proposent des moyens d'action concrets et faciles à réaliser. Dans ce cas, l'utilisation massive de ressources non renouvelables et polluantes n'est-elle pas un comportement irresponsable, sinon archaïque ?


Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

Enfin, sur le plan stratégique, la diversification des sources d'énergie peut être très rentable, à moyen terme, pour les sociétés consommatrices. En effet, en diminuant leur dépendance à un seul type d'énergie, les États ne gagnent-ils pas en autonomie économique et politique ? Ainsi, " se libérer du pétrole du Moyen-Orient " est un objectif prioritaire pour certains groupes de pression étasuniens, qui réclament des investissements massifs et prônent le développement de l'énergie éolienne.

La crise du verglas, 1998

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Jacques Chabot, Le monde en images

Au Québec
Les conseils régionaux de l'environnement ont récemment établi des principes-guides en matière de gestion de l'énergie, basés sur l'efficacité énergétique et les sources d'énergie propres et durables. Ainsi, soulignent-ils, l'une des clés pour assurer un développement énergétique durable consiste à planifier à long terme, et jamais dans l'urgence. Et pour cause : dans la panique de la crise du verglas, qui a paralysé le sud du Québec en janvier 1998, Hydro-Québec était-elle en mesure de prendre les meilleures décisions pour la suite des choses?

Types d'énergie et vents dominants
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Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Hydro-Québec

Les Québécois soutiennent souvent que l'hydroélectricité est une énergie propre, ce qui n'est pas faux, compte tenu des éléments de comparaison disponibles (centrales thermiques ou nucléaires). Néanmoins, l'érection des barrages sur les rivières et la création d'immenses réservoirs ne sont pas sans causer d'importants dommages environnementaux et sociaux. Dans le contexte de pénurie mondiale et de bouleversements climatiques, peut-on encore considérer l'eau comme une ressource renouvelable ? Une partie de l'opinion publique québécoise commence à croire qu'il y a des limites à aménager les rivières…

Agir aujourd'hui pour demain...
À l'échelle de la planète, les enjeux environnementaux liés à la consommation énergétique ont été officiellement soulevés lors de la signature du Protocole de Kyoto. Les gaz à effet de serre ont alors été officiellement reconnus et dénoncés comme les grands responsables du réchauffement global que subit actuellement la Terre. On sait que ces gaz proviennent essentiellement de la combustion des énergies fossiles, utilisées pour le transport et la production de l'électricité. En diminuer l'utilisation représente la solution fondamentale afin de contrer leurs effets potentiellement dévastateurs, que nous commençons déjà a observer, comme le dérèglement des écosystèmes arctiques (et la mort des ours blancs), la hausse du niveau des océans et l'augmentation sensible des événements climatiques catastrophiques (ouragan, inondation, sécheresse).


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA, http://amap.no/acia

Bien qu'ayant accepté les engagements de l'accord, plusieurs pays peinent à en appliquer les prescriptions, pendant que d'autres États du monde, anciennement sous-développés, deviennent de nouveaux grands consommateurs d'énergie. Nous avons déjà soulevé plus haut le cas de la Chine, mais les Chinois ne seront pas les seuls à vouloir bénéficier de l'énergie pour développer leur économie. Du côté occidental, le changement de mentalités est également difficile à initier dans des cultures où l'automobile est le symbole de la liberté et où la consommation fait figure de religion.

Sources :

Pétrole :

Électricité :

Consommation :

Environnement et développement durable :

Pour en savoir plus et techniques

Pour en savoir plus

Quelques techniques géographiques qui peuvent être abordées

Intégration des TIC et méthodologie de travail en univers social

Nous pensons que l'utilisation de ce dossier doit s'inscrire dans le cadre d'une tâche complexe et significative pour l'élève : dans le cadre d'une situation-problème ou d'un projet, par exemple. Pour avoir accès à un cadre méthodologique de travail en univers social avec un souci d'intégration des technologies : http://www.recitus.qc.ca/tic/dossiers-tic/methode/

 

 

Crédits et commentaires

Crédits

Ce dossier a été réalisé par Steve Quirion, Marianne Giguère et Sylvain Decelles. Collaboration de Julie Larivière. Graphisme et mise en page Steve Quirion et Mathieu Rocheleau. Mise à jour 2008 : Mathieu Rocheleau.