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Compétences 2 et 3 : la dépendance énergétique

«  À distance égale, un véhicule utilise 40 % de carburant de plus aux États-Unis qu'au Royaume-Uni ».
Source : Politis

Répondre aux besoins énergétiques des populations dans le respect de l'environnement planétaire

 

Tramway abandonné, Toronto

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Philippe Gratton

Le choc de la panne

Le 14 août 2003, le Nord-Est des États-Unis et une partie de l'Ontario se sont retrouvés dans le noir. Les métropoles ont été littéralement paralysées et leurs populations immobilisées, prises en otage par leur dépendance énergétique, dont elles mesuraient probablement pour la première fois l'ampleur. La prise électrique et la pompe à essence sont considérées comme acquises, au même titre que le litre de lait du dépanneur. La grande panne d'août 2003 a confronté l'Amérique du Nord avec sa précarité fonctionnelle : sans pétrole et sans électricité, il devient difficile de se nourrir, de se déplacer, de se loger adéquatement. Notre consommation effrénée d'énergie a-t-elle dépassé le stade de simple besoin ?

Les différents visages des besoins énergétiques

La consommation énergétique de chaque individu prend plusieurs formes qui débordent souvent de son quotidien immédiat. En effet, en plus de l'électricité que nous utilisons chaque jour pour faire fonctionner les multiples appareils qui assurent notre confort, des quantités d'énergie électrique ont aussi été employées à la fabrication de ces mêmes objets usuels, de la simple canette de boisson gazeuse jusqu'à l'ordinateur.

Il en va de même pour le pétrole. Au-delà de l'usage personnel de l'automobile, l'industrie du transport brûle chaque jour des milliers de tonnes de carburant afin d'approvisionner les marchés en divers biens de consommation. Les aliments qui se trouvent dans l'assiette d'un Nord-américain ont le plus souvent parcouru des milliers de kilomètres depuis leur lieu de production ! Le petit prix des bananes que l'on trouve dans toutes les épiceries reflète-t-il le coût réel de leur production et de leur déplacement ? La popularité des eaux minérales européennes demeure paradoxale dans un Québec où l'eau de source abonde : une bouteille d'eau Evian ou Perrier, c'est aussi des litres de carburant brûlés par les transatlantiques.

Les produits dérivés du pétrole (inspiré de La Presse, 25 septembre 2004, p. A33)

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : http://www.picto.qc.ca/

Le pétrole est également présent autour de nous sous forme solide. Sommes-nous conscients de la quantité d'objets courants qui sont fabriqués à partir des dérivés du pétrole, et sans lesquels nous serions bien démunis ? Des objets qui, eux aussi, auront nécessité de grandes quantités d'énergie dans toutes les étapes de leur fabrication.

Des besoins inégaux

Un coup d'œil à la photographie du monde prise de nuit suffit pour constater que l'humanité est bien inégalement éclairée. Des métropoles gigantesques d'Inde, de Chine ou d'Afrique apparaissent comme de petits points par rapport aux grandes villes de l'Occident. La modeste ville de Montréal brille elle-même beaucoup plus que Paris, dont la population est pourtant trois fois plus importante. Le faible prix de l'électricité au Québec fait-il de nous des consommateurs irresponsables ?

Le monde la nuit...

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Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA

Les rapports qu'entretiennent les sociétés avec l'essence sont eux aussi fort différents d'un pays à l'autre. Ainsi, aux États-Unis, un véhicule consomme en moyenne quatre fois plus de carburant qu'un véhicule britannique. Est-il normal qu'en Amérique du Nord, un litre d'essence soit moins cher qu'un litre d'eau ?

« British Petroleum", mieux connue sous le nom de BP, a modifié son slogan pour "Beyond Petroleum (Au-delà du pétrole) ».
Source : L'Actualité

Assurer un développement énergétique durable dans le respect de l'environnement planétaire

Concilier les impératifs économiques et environnementaux
En matière de développement énergétique, la rentabilité économique demeure le principal frein aux projets plus respectueux de l'environnement. Le marché pétrolier, solidement établi et extrêmement pollueur, enrichit ses principaux acteurs tout en maintenant les prix relativement bas bien que nous assistions à une hausse des prix du pétrole.

Pourquoi s'en priver si ce n'est pas cher ? Tant que l'essence et l'électricité restent abordables, comment convaincre les individus de changer leurs habitudes ?

Éolienne de Saint-Ulric

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Martin Caron / Le monde en images.

Des sources d'énergie plus propres et renouvelables
Courante en Europe de l'Ouest, encore rare dans les Amériques, l'énergie éolienne représente aujourd'hui l'une des technologies les plus efficaces pour répondre aux besoins énergétiques des populations sans nuire à l'environnement ni à l'économie. L'énergie solaire et l'utilisation de l'hydrogène sont également des technologies de plus en plus perfectionnées, qui offrent des alternatives avantageuses et économiques aux sources d'énergie traditionnelles.

En fait, les technologies permettant d'exploiter des ressources naturelles propres, abondantes et renouvelables afin de produire de l'énergie sont aujourd'hui plus que jamais disponibles, accessibles et surtout efficaces. De nombreux groupes écologistes, notamment Greenpeace, réclament depuis longtemps leur utilisation et proposent des moyens d'action concrets et faciles à réaliser. Dans ce cas, l'utilisation massive de ressources non renouvelables et polluantes n'est-elle pas un comportement irresponsable, sinon archaïque ?


Matériel graphique sous licence Creative CommonsSource : Service national du RÉCIT de l'univers social

Enfin, sur le plan stratégique, la diversification des sources d'énergie peut être très rentable, à moyen terme, pour les sociétés consommatrices. En effet, en diminuant leur dépendance à un seul type d'énergie, les États ne gagnent-ils pas en autonomie économique et politique ? Ainsi, " se libérer du pétrole du Moyen-Orient " est un objectif prioritaire pour certains groupes de pression étasuniens, qui réclament des investissements massifs et prônent le développement de l'énergie éolienne.

La crise du verglas, 1998

Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Jacques Chabot, Le monde en images

Au Québec
Les conseils régionaux de l'environnement ont récemment établi des principes-guides en matière de gestion de l'énergie, basés sur l'efficacité énergétique et les sources d'énergie propres et durables. Ainsi, soulignent-ils, l'une des clés pour assurer un développement énergétique durable consiste à planifier à long terme, et jamais dans l'urgence. Et pour cause : dans la panique de la crise du verglas, qui a paralysé le sud du Québec en janvier 1998, Hydro-Québec était-elle en mesure de prendre les meilleures décisions pour la suite des choses?

Types d'énergie et vents dominants
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Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : Hydro-Québec

Les Québécois soutiennent souvent que l'hydroélectricité est une énergie propre, ce qui n'est pas faux, compte tenu des éléments de comparaison disponibles (centrales thermiques ou nucléaires). Néanmoins, l'érection des barrages sur les rivières et la création d'immenses réservoirs ne sont pas sans causer d'importants dommages environnementaux et sociaux. Dans le contexte de pénurie mondiale et de bouleversements climatiques, peut-on encore considérer l'eau comme une ressource renouvelable ? Une partie de l'opinion publique québécoise commence à croire qu'il y a des limites à aménager les rivières…

Agir aujourd'hui pour demain...
À l'échelle de la planète, les enjeux environnementaux liés à la consommation énergétique ont été officiellement soulevés lors de la signature du Protocole de Kyoto. Les gaz à effet de serre ont alors été officiellement reconnus et dénoncés comme les grands responsables du réchauffement global que subit actuellement la Terre. On sait que ces gaz proviennent essentiellement de la combustion des énergies fossiles, utilisées pour le transport et la production de l'électricité. En diminuer l'utilisation représente la solution fondamentale afin de contrer leurs effets potentiellement dévastateurs, que nous commençons déjà a observer, comme le dérèglement des écosystèmes arctiques (et la mort des ours blancs), la hausse du niveau des océans et l'augmentation sensible des événements climatiques catastrophiques (ouragan, inondation, sécheresse).


Matériel graphique faisant parti du domaine publicSource : NASA, http://amap.no/acia

Bien qu'ayant accepté les engagements de l'accord, plusieurs pays peinent à en appliquer les prescriptions, pendant que d'autres États du monde, anciennement sous-développés, deviennent de nouveaux grands consommateurs d'énergie. Nous avons déjà soulevé plus haut le cas de la Chine, mais les Chinois ne seront pas les seuls à vouloir bénéficier de l'énergie pour développer leur économie. Du côté occidental, le changement de mentalités est également difficile à initier dans des cultures où l'automobile est le symbole de la liberté et où la consommation fait figure de religion.

Sources :

  • Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (extrait du mémoire présenté à la Régie de l'énergie du Québec) : http://www.rncreq.org
  • « La fin de l'ère du pétrole », L'Actualité, 15 décembre 2003
  • Greenpeace : www.greenpeace.ca

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