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Les concepts

Les concepts liés au territoire urbain et à la gestion du risque

Ces définitions s'adressent d'abord aux enseignants

Le territoire urbain
La gestion du risque

Aménagement
Banlieue
Concentration
Densité
Étalement urbain
Urbanisation

Risque naturel
Environnement
Instabilité
Niveau de développement
Prévention

Aménagement

Aménager un territoire, c'est organiser et rééquilibrer un espace afin de le rendre plus cohérent et de le mettre en valeur selon des objectifs prévus. En géographie, l'aménagement d'un territoire est un acte planifié qui répond à diverses motivations et qui doit prendre en compte les différentes échelles de l'espace. Dans les faits, toutefois, cette vision globale ou holistique de l'espace fait souvent défaut aux aménageurs. Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on prétend aménager le territoire qu'on fait du bon travail.

Le géographe Sylvain Lefebvre, professeur à l'UQAM, résume la teneur fondamentale du concept de l'aménagement en géographie en écrivant : « Aménager le territoire est un acte qui répond à des besoins d'organisation, de répartition, d'équilibre, de développement et de contrôle des populations, des fonctions et des ressources ».

Source : Lefebvre, S., Aménagement et planification territoriale, notes de cours GEO8291, Université du Québec à Montréal, 2000.

Banlieue

Espace urbain constitué par les municipalités environnant une ville-centre et qui y aura éventuellement été physiquement rattaché par l'extension de l'urbanisation. Les banlieues s'inscrivent donc dans une trame urbaine continue par rapport à une ville-centre, tout en conservant leur autonomie politique. L'espace constitué par la ville-centre et sa banlieue est appelé l'agglomération urbaine.


  Matériel graphique sous licence Creative CommonsService national du RÉCIT de l'univers social

C'est un terme qui demeure très large. Il existe en effet plusieurs types de banlieues qui sont distingués selon diverses caractéristiques : l'éloignement du centre, la vocation, le type de planification et d'aménagement, etc. Également, le terme banlieue évoque un espace différent selon les cultures. Pour un Montréalais, la banlieue suggère surtout des quartiers résidentiels dont les maisons unifamiliales sont habitées par la classe moyenne. En France, le terme banlieue désigne des zones résidentielles pauvres caractérisées par de grands immeubles d'habitations à loyer modique , souvent habités par la population immigrante. Parce que les bidonvilles sud-américains sont aussi des banlieues au sens propre, nous préféreront généralement le terme périphérie pour désigner les ceintures d'extension d'une ville-centre.

Concentration

Phénomène de regroupement en densité très forte de la population ou encore de certaines fonctions de gestion d'un territoire en un nœud ou un centre donné. On pense par exemple aux grandes villes dites macrocéphales, telles que Paris en France (Paris et le désert français). Les grandes métropoles sont par définition des lieux de concentration des populations, des activités et des services.

Densité

La densité brute, la plus commune, est le résultat de la division du nombre d'individus qui habitent un territoire donné par sa superficie. Dans les cas particuliers de territoires très inégalement peuplés (comme celui du Canada, par exemple) il est toutefois plus juste d'utiliser la densité nette, obtenue en calculant le nombre d'habitants pour la superficie réellement habitée d'un territoire. Dans les deux cas, on parle généralement de nombre d'habitants par kilomètre carré (km2).

À titre d'exemple, les zones rurales canadiennes ont une densité de moins de 10 habitants au km ², contrairement aux centres des grandes villes qui peuvent atteindre des densités de plus de 50 000 habitants par km².

Étalement urbain

Phénomène de l'extension continue des espaces périurbains au détriment des espaces ruraux. Surtout observable en Amérique du Nord, ce phénomène est favorisé par le développement des réseaux routiers et l'usage de l'automobile. Il est surtout caractérisé par une plus faible densité de ses fonctions urbaines (la ville s'étale au lieu de concentrer ses fonctions, ce qui est normalement le propre d'une ville).

Urbanisation

Processus par lequel un espace rural devient urbain, suite à l'accroissement de la population d'une ville et/ou à l'étalement urbain. Ce processus peut être planifié ou spontané.

Risque naturel

Une première chose doit être soulignée : le risque naturel n'existe que dans la mesure où il y a interaction entre des individus (des populations) et leur environnement. Comme le souligne le géographe Antoine Bailly, il y a donc dans ce concept une grande part de subjectivité et d'affectivité humaines.

D'abord, on peut définir ainsi le risque naturel : c'est la possibilité ou la probabilité que des éléments ou des événements naturels portent atteinte aux humains, à leur santé, à leurs organisations socio-économiques.

On utilise le terme aléa, synonyme de risque, pour désigner les phénomènes physiques naturels qui menacent les sociétés humaines. Les aléas sont caractérisés par leur fréquence et leur intensité, et comme leur nom l'indique, ils sont aléatoires, souvent imprévisibles. On y distingue principalement : « les avalanches, les feux de forêts, les inondations, les mouvements de terrains, les cyclones, les tempêtes, les séismes et éruptions volcaniques mais aussi les raz de marées, les invasions d'insectes nuisibles, les sécheresses prolongées...» (Source : http://www.notre-planete.info, avril 2003)

D'autres définitions, telles que celle du site Notre-planète.info, impliquent le concept de catastrophe dans celui de risque naturel:
« Un risque naturel implique l'exposition des populations humaines et de leurs infrastructures à un évènement catastrophique d'origine naturelle ».

Toutefois, l'idée de catastrophe se rapporte à la perception qu'ont les humains d'un phénomène naturel. Aussi, « La catastrophe dite naturelle est une tragédie humaine et un désastre économique, certes, mais pas nécessairement une calamité pour la nature elle-même » (R. Hétu). Il serait peut-être par conséquent plus judicieux de parler de catastrophe d'origine naturelle, afin de bien saisir que ce n'est pas le phénomène naturel lui même qui est une catastrophe, mais bien ses conséquences sur l'environnement humain.

De plus, les catastrophes causées par les aléas physiques naturels ne sont pas envisagées ni vécues de la même façon par toutes les sociétés humaines: « Si les catastrophes sont si terribles dans les pays en voie de développement, ce n'est pas seulement à cause des diktats de la géographie (volcanisme, typhon, ouragan, mousson), mais surtout en raison du niveau d'exposition excessif dans lequel se trouvent des pans entiers de la population, en particulier les plus pauvres » (R. Hétu).

Source : Richard Hétu, In S. Laurin, J.-L Klein et C. Tardif, Géographie et société, Les Presses de l'Université du Québec, 2001, p. 61-92.

Environnement

L'environnement, c'est le milieu naturel ou construit qui entoure un objet (vivant ou non) et qui agit et interagit avec lui. Actuellement, le terme désigne surtout le milieu de vie des êtres vivants, à diverses échelles. On associe généralement l'environnement à quelque chose de précieux qu'il faut préserver.

« Le terme environnement est utilisé souvent soit comme équivalent de milieu naturel, soit dans le sens de milieu construit par l'homme, soit pour exprimer tout ce qui entoure les groupes humains et agit sur eux : les activités humaines, les relations entre les humains, la culture. Le terme a également évolué et l'environnement est aujourd'hui envisagé essentiellement comme le cadre de vie des êtres vivants, à la fois fragile, précieux et à préserver ».

Source : Baud, P., S. Bourgeat, et C. Bras, Dictionnaire géographique, Hatier, 1997, p. 253.

Selon le Grand Dictionnaire Terminologique de l'Office de la langue française (http://w3.granddictionnaire.com), on retrouve, sous le vocable environnement, la définition suivante : « Ensemble dynamique et évolutif, constitué d'éléments physiques, chimiques, biologiques et de facteurs sociaux, dans lequel se développe tout organisme vivant et qui est susceptible d'avoir une influence directe ou indirecte sur celui-ci ».

Instabilité

Selon l'angle d'entrée proposé pour l'étude des risques naturels, le concept d'instabilité se rapporte à tous les phénomènes humains et naturels qui suivent des mouvements imprévisibles. On pense d'abord surtout à tous les aléas du climat, mais aussi à la géomorphologie (glissements de terrains, crûes des cours d'eau, coulées de boue, etc.). Sur le plan humain, l'instabilité peut se rapporter aux mouvements de populations (migrations, exode), aux turbulences économiques et aux conflits qui souvent les causent.

Niveau de développement

Autrefois à saveur surtout économique, le terme développement désigne aujourd'hui, en plus de la possibilité de partage de nouvelles richesses, l'élargissement des possibilités humaines (en termes d'espérance de vie, d'éducation et de niveau de vie). En plus du PIB, les organisations internationales tentent aujourd'hui de mettre au point de nouveaux outils de mesure du développement (cf. ONU = Indice de Développement Humain).

« Le développement peut se définir classiquement comme une expansion de l'ensemble de l'économie s'accompagnant d'un partage plus ou moins équitable de la richesse supplémentaire, qui entraînent une amélioration globale du niveau de vie et une transformation des structures de la société. À cette définition très économique et marquée par ses origines occidentales, la Banque mondiale oppose, depuis 1990, la notion de développement humain en mettant l'accent moins sur la croissance de l'économie du pays (évolution du PNB, du PNB par habitant, de la balance commerciale…) que sur l'élargissement des possibilités humaines en termes d'espérance de vie, d'éducation, d'emploi et de niveau de vie ».

Source : Baud, P., S. Bourgeat, et C. Bras, Dictionnaire géographique, Hatier, 1997, p. 75.

Quant à l'expression développement durable, elle décrit un type de développement qui préconise une utilisation responsable des ressources en vue de favoriser leur renouvellement et leur préservation, dans le but d'assurer la qualité de vie des générations futures. La préservation de l'environnement et le partage équitable des ressources sont au centre de cette philosophie.

Prévention

On ne peut généralement pas prévoir les catastrophes d'origine naturelle, ni les prévenir. Les populations qui sont soumises aux risques naturels doivent ainsi envisager la prévention comme l'ensemble des moyens qui peuvent être pris pour diminuer ou atténuer les effets possibles de telles catastrophes.

Cela demande d'abord une bonne connaissance de l'organisation humaine et physique du territoire soumis au risque. Une prévention efficace requiert aussi la disponibilité et la maîtrise des moyens physiques et concrets qui peuvent être employés (techniques de construction, cartographie des zones impropres à l'établissement humain, etc.). Enfin, cela implique surtout d'admettre le risque et d'en comprendre les mécanismes.
« La prévention, c'est donc une lutte contre l'ignorance, contre l'inconscience, contre l'inconsicence, contre la facilité et la cupidité ».

Source : Richard Hétu, In S. Laurin, J.-L Klein et C. Tardif, Géographie et société, Les Presses de l'Université du Québec, 2001, p. 61-92.